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Les femmes dans la finance

Depuis toujours, l’emploi est influencé par la persistance de certains stéréotypes qui ont tendance à donner un genre aux métiers. Ainsi, l’ingénieur et l’informaticien sont des hommes alors que l’assistante maternelle ou l’institutrice sont des femmes. Mais les professions ont-elles vraiment un sexe ?

Il faut croire que le monde de la finance subit lui aussi cette influence : le secteur est dominé par les hommes qui occupent la majorité des postes de directions. Dès lors, chacun a un rôle pour rétablir l’égalité des chances et effacer ces stéréotypes.

Les femmes sont sous représentées dans le secteur de la finance

Le rapport Women in Financial Services 2020 de la société de conseil Oliver Wyman montre, qu’en 2019, seulement 6% des CEO des entreprises de services financiers étaient des femmes, soit 2% de moins qu’en 2016. Les femmes sont sous représentées dans le secteur de la finance et elles occupent rarement des postes financiers ou de direction. En effet, seulement 17% des postes dans la finance et 25% des postes dans l’audit sont occupées par des femmes alors que celles-ci représentent 46% des postes dans le marketing et 58% des postes dans les ressources humaines.

Mais les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux du système financier : même en tant que clientes. Ainsi, le rapport montre que les femmes entrepreneurs ont 30% moins de chances que les hommes d’avoir accès à un financement suffisant pour leur entreprise. De plus, les femmes ne représentaient que 40% des déposants et des emprunteurs dans le monde en 2016 !

Alors pourquoi une telle inégalité ? De nombreuses études montrent pourtant que les femmes représentent des opportunités massives pour le secteur financier. La société de conseil Oliver Wyman estime que si les banques, les assurances et les sociétés de gestion prenaient mieux en compte les attentes des clientes, ils pourraient gagner plus de 700 milliards de dollars par an !

Le secteur de la finance se féminise peu à peu… 

Même si de nombreuses choses restent à faire, le phénomène de sous-représentation des femmes dans la finance a tendance à perdre de l’ampleur. En effet, depuis 2003 et toujours selon le rapport Women in Financial Services 2020, la proportion de femmes au sein des comités exécutifs des sociétés de services financiers est passé de 11 à 20% en France.

L’exemple le plus connu est certainement celui de Christine Lagarde, première femme nommée à la présidence de la Banque Centrale Européenne (BCE) en 2019.

Interview de Marie Langlois – Responsable de développement commercial chez AXA Banque

Enfin, dans la progression de la mixité dans la finance, le rôle des entreprises n’est pas à négliger. Les entreprises prennent des initiatives pour gommer les clichés existants. Nous avons interrogé, Marie Langlois, responsable de développement commercial chez AXA Banque, afin de recueillir son point de vue sur ce sujet.

Quel est votre parcours ?

« Je suis responsable de développement commercial chez AXA Banque depuis bientôt 5 ans. Un parcours assez atypique puisque j’ai toujours travaillé chez AXA Banque (Anciennement Banque Directe).  J’ai démarré ma carrière en rejoignant la start-up Banque Directe à 20 ans. J’étais totalement séduite par l’aventure que représentait mon intégration dans cette entreprise qui était la première banque à distance. J’ai débuté sur un poste de chargée de clientèle, que j’ai occupé durant 5 ans.

Lorsque Banque Directe est devenue AXA Banque, j’ai eu l’opportunité d’évoluer sur un poste de manager d’une équipe puis d’un service qui avait en charge la relation avec les réseaux d’apporteurs d’affaires AXA. Je suis passée de 5 années en mode B to C à 10 années en mode B to B, et qui plus est sur un poste de management ! 

Il y a 7 ans, j’ai rejoint la direction commerciale de la banque dans le cadre du lancement du premier réseau social B to B du secteur banque finance. Cette aventure m’a évidemment séduite. J’ai eu la responsabilité du community management. Il a donc fallu que je crée la communauté, que je l’anime, que je la fasse vivre, qu’elle se développe. J’ai fait cela pendant 3 ans avant d’être sur le poste que j’occupe actuellement où je gère le pilotage des ventes à Paris et pour la région Île-de-France, la communication commerciale ou encore l’animation commerciale. »

Avez-vous dû faire face à des difficultés dans votre carrière ?

« Je parlerais plutôt de prise de risques, plus que de difficultés. 

Lorsque l’on m’a proposé de manager une équipe à 25 ans, j’étais toute jeune, je n’avais pas de formation particulière en management. En revanche, j’avais cette ambition à terme de manager une équipe et j’avais, je pense, les aptitudes pour le faire. J’allais découvrir ce qu’était le management ainsi que la relation B to B. C’est une prise de risque, mais c’était surtout un challenge que j’avais envie de relever. 

J’ai pris un second risque lorsque j’ai quitté mes 10 années de management pour gérer et animer un réseau social. Je ne sortais pas d’une école de communication, je n’avais jamais travaillé dans la communication et je n’avais pas initialement de formation pour gérer un réseau social. Encore une fois, j’ai été tenté par le défi que cela représentait.

Ces prises de risques sont aussi des opportunités d’apprendre de nouveaux métiers, d’acquérir de nouvelles compétences. C’est important de savoir se remettre en question et de sortir de sa zone de confort lorsque l’opportunité se présente. »

Pensez-vous qu’il existe encore des clichés Hommes/Femmes dans le secteur de la finance ? 

« Il y en a certainement, oui. Nous ne sommes pas dans un monde tout rose. Mais il y a quand même beaucoup d’initiatives qui sont prises dans la société, dans les entreprises, et en particulier chez AXA. 

Par exemple, l’association Mix’in, créée en 2012 et ouverte à tous les collaborateurs d’AXA en France, regroupe plus de 1400 salariés d’AXA France, hommes et femmes, afin de favoriser et mettre en avant la mixité, l’inclusion et la diversité au sein de l’entreprise. 

Il y a également eu des initiatives de la part d’AXA Banque en la matière. Pour commercialiser la banque, on s’appuie sur un réseau d’Agents Généraux qui se féminise de plus en plus. Dans ce cadre, AXA Banque a créé son club de l’AssurBanque au Féminin en 2016 afin de rassembler ces Agents Généraux femmes. D’ailleurs, j’ai eu le plaisir de pouvoir conduire ce projet pour la Direction de la banque et de mettre en place chaque année les évènements du Club. 

Enfin, AXA France a été partenaire des forums Elle Active, qui se sont tenus dans plusieurs grandes villes de France. Ces forums visent, entre autres, à booster les femmes actives à travers des débats en séance plénière, mais aussi des ateliers pratiques pour apprendre à faire votre propre marketing, demander une augmentation, créer votre entreprise, développer votre réseau…  J’ai eu la chance de pouvoir y participer à travers une intervention dans un atelier intitulé « Je veux gagner en crédibilité auprès de mon banquier ». Je partageais mon expérience en tant que banquière et mes bonnes pratiques pour que les femmes puissent encore être meilleures qu’elles ne le sont déjà dans la gestion de leurs comptes et dans leur relation avec leur banque. »

Dans les prochaines années, que reste-t-il à faire en matière d’égalité des chances ? 

« Il y a toujours des choses à faire. Pour moi, l’amélioration est toujours continue.

Demain, je serai meilleure que je ne le suis aujourd’hui », c’est réellement ma façon de voir la vie et la vie professionnelle. J’ai la chance d’évoluer dans une entreprise qui est en avance. Nous avons une Directrice Générale et notre Comité de Direction est mixte avec 50% de femmes. Je travaille dans une entreprise où l’égalité des chances me semble présente.

D’ailleurs, à ce propos, AXA Banque a eu le plaisir d’accueillir dans ses locaux dernièrement l’équipe Great Place To Work France. En effet, nous avons reçu le trophée Best Work Places France, mais surtout Best Work Places for Women ! »

Quels conseils pourriez-vous donner aux femmes qui souhaitent se lancer dans le secteur de la finance ? 

« Soyez audacieuses ! N’ayez pas peur d’oser ! 

Il faut savoir se remettre en question régulièrement au sein d’une carrière et prendre des risques. Je crois beaucoup aussi au pouvoir de l’intuition et de l’intelligence émotionnelle. Je pense qu’il faut capitaliser sur toutes nos forces qui ne sont pas uniquement nos compétences et nos savoir-faire. 

Nous sommes des êtres pleinement vivants, alors, servons-nous aussi de nos intuitions et de nos émotions ! »

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